novembre 13, 2018

FAITES CONNAISSANCE AVEC…. PRINCE KADOU KEITA La musique comme «Issue de secours»

 
On n’échappe pas à son destin, dit- on. Cet adage peut s’appliquer à Kader Keïta alias Prince Kadou dont le père a toujours voulu qu’il privilé- gie les études au détriment de la musique. « Le Témoin » vous fait dé- couvrir cet artiste musicien, auteur, compositeur et guitariste qui a dé- buté avec le rap pour s’illustrer à travers le « mbalax » et le pop afri- cain. Un mélange de genre musical que l’on retrouve dans son tout nou- vel album « Issue de secours ».
 
« Issue de secours » ! Ce n’est pas une sortie aménagée dans une pièce pour permettre une évacuation rapide des lieux en cas de sinistre. Mais c’est quand même une porte de sortie. Voire un moyen de « Secours »… à travers les notes de la musique. C’est le nom de l’album de celui qui se fait appeler Prince Kadou ! Un opus de six titres qui traite de la question de l’immigration, de la situation des pêcheurs, de l’iden- tité culturelle, un hommage à des guides spirituels… Kader Keïta alias Prince Kadou est de la lignée de Soun- diata Keïta du Mali. Mais il a très tôt commencé à caresser la guitare et à entrainer ses cordes vocales à l’âge de 17 ans. Pourtant son père n’a jamais voulu qu’il suive le chemin de la… mu- sique. « C’était hors de question », dit- il. « Tout ce qu’il voulait, c’est que je puisse réussir dans mes études et dans la vie. Mais ma mère, je ne sais pas avec quels subterfuges, a réussi à le convaincre ».
La présence de griots à la maison familiale a en effet tracé sa ligne de conduite. « Avant le décès de mon père, des griots venaient du Mali pour chanter uniquement ses louanges. His- toire de lui rappeler ses origines. Car il a quitté le Mali après les indépen- dances. Il croyait plus à l’idéologie sen- ghorienne qu’à celle de Modibo Keïta ».
Le jeune chanteur a passé toute son enfance dans la région de Thiès à Pout. Il débute par le rap. « A l’époque où le rap était un hub dans la culture musicale sénégalaise, des
grands frères avaient monté un groupe qu’ils avaient dénommé ‘’Guëstu’’. Je faisais les chœurs et aussi des démarches pour copter des pro- ducteurs. C’était à l’époque de Jololi de Youssou Ndour. Mais cela n’avait pas marché faute de soutien », se remé- more – t-il.
Fervent talibé Mouride
Pendant ces années de dèche, il a remué ciel et terre pour pouvoir excel- ler dans cette forme de musique à l’américaine. « Les gens n’avaient aucun respect pour cette expression musicale », se désole ce fervent « ta- libé mouride ».
Auteur de deux singles dont « Digué Bor la « qui est un rappel à nos diri- geants pour leur faire savoir que « la promesse est une dette et qu’ils doi- vent respecter leurs paroles ».
Prince Kadou pense que son tout nouvel album, « Issue de secours », peut réussir à faire changer de vision et de comportement à certains Séné- galais. Même si « le produit de bon- heur, dit-il, n’existe pas ». Et que « seule la providence peut sauver l’Afrique ». Mais il compte faire « tout son possible » pour essayer de changer les choses et les mentalités. Ce, à tra- vers sa musique.
Leader du groupe « The fuzz wolof » et en autoproduction avec Mystic,
Kader Keïta fait du mbalax et de la pop africaine. « De la musique du monde » pour rendre hommage à Mame Bamba Khadimou Rassoul et à Mame Cheikh Ibrahima Fall dans deux chan- sons distinctes intitulées « Mame Bamba » et « Baye Fall ». A côté des- quelles quatre autres chansons dont « Mool » dans laquelle il parle de la dif- ficile condition des pêcheurs, « Thios- sane » qui interpelle les Sénégalais à ne pas « oublier leurs identités cultu- relles et s’ouvrir, tout en se gardant de copier sur les autres ». Le morceau « Weet » constitue pour lui « l’autre moi- même ». En tant qu’immigrant, il ne pouvait passer sous silence la lanci- nante question des émigrés à qui il rend un vibrant hommage. A l’image de Victor Hugo, dans son recueil de poèmes, « Les Contemplations », par- lant des écrivains, qui disait ceci, « quand je vous parle de vous, je vous parle de moi. Ah insensé qui crois que je ne suis pas toi ».
« Issue de secours », c’est, en quelque sorte, un lot de solutions. Pas comme les « Solutions-programme » de Ousmane Sonko. Mais un « Secours » à des situations embarrassantes, une porte de sortie de crise, des conseils liés au vécu quotidien, un rappel à nos dirigeants de respecter la parole don- née… C’est tout une œuvre…musicale de vie pour une « Issue de secours » !
 

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