septembre 22, 2019

«Pour battre Idrissa Seck à Thiès, il ne faut pas attendre les veilles d’élections pour venir faire semblant»

A force d’abnégation et d’actions en faveur des populations de la cité du Rail, Habib Niang, président de «And Suxali Senegaal», est devenu une des personnalités les plus en vue de la scène politique thiessoise. Dans cet entretien accordé à «VOX POPULI», le chef du Bureau du Cadastre de Pikine-Guédiawaye décline ses ambitions pour la mairie de la Zone Nord et tient un discours de vérité à ses alliés locaux de «Benno Bokk Yakaar» (BBY).   

 

Comment et pourquoi êtes-vous entré en politique ?     

Je ne me voyais pas en politique. J’ai toujours évolué dans le social, car pour moi, le bien-être des personnes qui m’entourent est primordiale, surtout les Thiessois. Mon entrée en politique a été décidée par mon entourage. Parce que depuis plus de 15 ans, je fais des actions sociales en faveur de la jeunesse de Thiès. Ce qui m’a le plus motivé, c est la politique sociale du président de la République, Macky Sall, notamment avec le Plan Sénégal émergent (PSE). Dès lors, j’ai décidé de faire de la politique, mais autrement. Ma conviction est que la politique doit permettre d’aider les citoyens afin qu’ils puissent vivre en harmonie. Pour moi, la politique est une manière de contribuer efficacement au développement de mon terroir, en particulier, et de mon pays, le Sénégal, en général. Je ne suis pas un adepte de la politique politicienne. Il faut que les hommes politiques se départissent de la mauvaise image qu’on leur colle souvent. La sincérité doit guider toutes leurs actions. C’est cela ma conception de la politique. Je ferai tout ce qui est possible afin que la ville de Thiès puisse véritablement émerger.

Quel est l’historique du mouvement «And Suxali Senegaal» dont vous êtes le président ?                                                    Le mouvement «And Suxali Senegaal» a été créé le 19 août 2017. Thiès est réputé être une ville où la politique et les hommes politique ont une grande incidence dans le fonctionnement de la cité. La recrudescence de l’insécurité, le sous-emploi des jeunes, sont, entre autres, les maux de la région de Thiès. C’est fort de toutes ces remarques, que le mouvement «And Suxali Senegaal» est né. Et depuis près de 2 ans, nous avons réalisé beaucoup de choses en faveur de la jeunesse et des femmes. Le mouvement n’est pas né pour jouer les seconds rôles. Nous sommes très ambitieux.

Pourquoi avez-vous décidé de militer dans la ville de Thiès?

Je suis thiessois et mon plus grand souhait est que Thiès fasse parti des villes émergentes. Je voudrais apporter ma pierre à l’édifice. Le président de la République, Macky Sall, a beaucoup d’ambitions pour Thiès. Je voudrais contribuer à faire de Thiès  une ville émergente avec des infrastructures créatrices d’emplois et renforcer son positionnement au niveau national en termes de politiques de développement. J’ai beaucoup d’affection pour cette région et ses populations. Malgré le fait que je travaille à Dakar, je ne conduis jamais une voiture avec la matricule autre que TH, juste pour témoigner combien Thiès compte pour moi. Thiès fait partie de mon ADN. Je suis fier d’être thiessois.  

Vous avez connu une ascension fulgurante sur la scène politique thiessoise. Quel est votre secret ?  

Mon secret, c’est ma proximité avec la population. Pour moi, la politique, ce n’est pas se servir de la population, mais servir la population. Chaque week-end, avec mon staff du mouvement «And Suxali Senegaal», nous investissons tous les quartiers de Thiès, pour identifier les problèmes et les besoins des populations. C’est ainsi que nous avons formé plus de 5000 femmes dans la transformation et la fabrication de savons etc. Les jeunes ont bénéficié de formation en informatique et bureautique afin de faciliter leur intégration dans le milieu de l’emploi. Tout récemment, les cochets, les conducteurs de moto Jakarta et l’association des photographes ont reçu des carnets de mutuelle de santé pour leur prise en charge médicale. Une ligne de crédit de 10 millions revolving a été octroyée aux femmes du mouvement «And Suxali Senegaal» pour leurs activités génératrices de revenus. Et les jeunes du mouvement ont aussi eu droit à un financement de 4 millions pour démarrer leurs activités génératrices de revenus. Ce sont de telles actions en faveur de la population thiessoise, qui ont contribué à mon ascension sur la scène politique thiessoise. Je profite de l’occasion pour remercier et encourager les membres du mouvement qui me font entièrement confiance et qui ne ménagent aucun effort pour la réussite de nos entreprises.

Quelle analyse faites-vous des défaites répétitives de la coalition au pouvoir – dont vous êtes membre – dans la cité du Rail?

Je l’ai dit et je vais le répéter, le seul problème qui empêche le Président Macky Sall de gagner à Thiès, ce sont les querelles intestines entre les responsables de notre coalition. Le Président Macky Sall a beaucoup investi à Thiès, en nommant des fils de Thiès à des postes de responsabilité. Mais, malheureusement, la région peine à prendre son envol. Le manque de solidarité est un frein qui fait qu’à chaque élection, nous perdons. Il nous faut rectifier le tir, parce que le président de la République ne mérite pas cela.

Que prônez-vous pour que cette situation change?               

Nous devons unir nos forces et penser à l’intérêt supérieur de notre région. Sinon, à chaque élection, ce sera le même scénario. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire. Si nous voulons aider le Président Macky Sall, il va falloir que tous les responsables travaillent de concert et jouent franc-jeu.L’ère des échappées solitaires est révolue depuis belle lurette. L’union fait les forces. Unissons-nous dans l’intérêt de Thiès et de ses populations. C’est l’appel que je lance à tous les membres de la mouvance présidentielle dans la cité du Rail.

Vous comptez briguer la mairie de Thiès Nord aux prochaines élections locales. Qu’est-ce qui motive votre candidature ? 

Après la réélection du Président Macky Sall, qui était un de nos objectifs, les Thiessois, notamment les habitants de la zone Nord, ont demandé à ce que je me présente pour les élections  locales prochaines. J’avoue que je ne pensais pas qu’ils allaient porter ma candidature. J’ai été agréablement surpris par l’engagement des femmes et des jeunes. D’ailleurs, pour me témoigner de leur soutien, les femmes de mes groupements m’ont remis 5000 signatures pour parrainer ma candidature pour le compte de la zone Nord. Malgré le report des élections, elles continuent d’investir le terrain pour massifier le mouvement «And Suxali Senegaal». Je les encourage à poursuivre dans cette dynamique. En politique, moi, je ne crois qu’au travail de terrain.

Quel regard jetez-vous sur la gestion de la grande mairie de Thiès ? 

Un regard positif. Le maire est en train de faire un bon travail. Certes, ce n’est pas facile, mais il se débrouille quand même pour assurer le bon fonctionnement de la mairie.

L’ancien Premier ministre Idrissa Seck règne en maître absolu à Thiès. Quelle est la recette que vous proposez pour le battre? 

Pour le battre, il n’y a pas 36 solutions. Il faut que tous les responsables de la coalition «Benno Bokk Yakaar» (BBY) soient proches des populations. Mais il faut aussi que nous soyons plus solidaires. Il ne faut pas attendre les veilles d’élections pour venir faire semblant. Pour ma part, bien avant que je ne me lance en politique, j’étais déjà auprès des populations. Et aujourd’hui plus que jamais, je m’efforce à venir en aide aux personnes qui sont dans le besoin. Et incha Allah, si je gagne la mairie de Thiès Nord, beaucoup de choses vont changer.

VOXPOP

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