avril 6, 2020

Devant la presse, Carlos Ghosn dénonce une «campagne orchestrée» contre lui

Dix jours après sa fuite du Japon et son arrivée au Liban, l’ex-patron de Renault-Nissan a fait une première intervention publique ce mercredi depuis Beyrouth, face à la presse internationale.

« Je n’ai pas connu un moment de liberté depuis le 19 novembre 2018. » C’est après avoir remercié la presse internationale de s’être déplacée que Carlos Ghosn a commencé à relater ses mois passés en détention. Il s’agit en effet de sa première prise de parole publique, depuis son arrestation au Japon.

« Je ne suis pas là pour expliquer comment j’ai quitté le Japon », a averti d’emblée l’ancien patron de Renault-Nissan, mais « je n’avais pas d’autre choix que la fuite pour me protéger et protéger ma famille. »

Il a aussi déclaré qu’il avait été « arraché » à ses proches et à sa famille. Après sa remise en liberté sous caution, il lui avait été notamment interdit d’avoir des contacts avec son épouse.

Nissan et la justice japonaise dans le collimateur

« Je n’aurais jamais dû être arrêté, a-t-il poursuivi, […] les accusations portées contre moi sont fausses. » Au Japon, le magnat déchu de l’automobile est notamment inculpé de malversations financières, accusation qu’il a qualifiée aujourd’hui de « sans fondements ».

Puis Carlos Ghosn s’est montré plus accusateur. Il s’en est pris notamment aux « responsables de Nissan, du ministère public japonais », qui sont, selon lui, « à l’origine de [son] calvaire ». « Cette affaire coïncide avec le début du déclin des performances [du constructeur] début 2017 », a-t-il ajouté.

L’ancien PDG, ses proches et sa défense soutiennent en effet qu’il a été victime d’un « complot » ourdi par Nissan, avec la complicité des autorités japonaises, car il s’apprêtait à organiser une fusion entre Renault et Nissan. « Certains de nos amis japonais ont pensé que la seule manière de se débarrasser de l’influence de Renault sur Nissan était de se débarrasser de moi », a-t-il précisé ce mercredi.

« Je peux vous parler de ce qui se passe au sein du gouvernement japonais. Je peux vous donner des noms, je les connais. Mais je suis au Liban, je respecte le Liban et je ne veux absolument rien faire ou dire qui puisse compliquer la tâche [des Libanais]. » L’homme d’affaires a affirmé détenir des documents qui lui permettent d’étayer ses accusations.

RFI

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